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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:57

Enseignants et documentalistes lecteurs du Monde.fr racontent comment ils forment leurs élèves à la recherche et à la vérification d'informations en ligne.

  • Difficultés propres au collège..., par Jean-Marc

Professeur moderne, je me suis fixé l'objectif d'aider mes élèves d'Argenteuil à "bien" chercher. L'objectif est, pour être optimiste, difficile à atteindre. En voici les raisons.
Des raisons qui tiennent à l'institution. Le format des cours (55 minutes) laisse peu de temps et l'équipement n'est pas fait pour recevoir une classe (mes élèves étaient serrés comme des sardines). nsuite, des raisons qui tiennent... aux élèves. Même s'ils se font fort d'être des experts, ils sont en fait assez mauvais en dehors des blogs et des sites sociaux (ce qui se comprend, d'ailleurs). Cet obstacle psychologique surmonté, il faut ensuite affronter des obstacles intellectuels : faire une recherche efficace demande du doigté (ce n'est vraiment pas facile), de l'intuition et de l'intelligence.C'est pour cette raison que je leur avais proposé un exercice de recherche sur un thème (les philosophes des Lumières) dont le principal critère d'évaluation consistait à mesurer la qualité de leur recherche, indépendamment du résultat obtenu.

 

Or ils avaient bien du mal à sélectionner des mots-clés pertinents – d'où un premier exercice "à blanc". Puis à sélectionner les sites les plus utiles. La première réponse de la liste était pour eux la meilleure – même si le site avait l'air bizarre ou que le texte proposé était manifestement trop long ou compliqué. Il fallait ensuite les inciter à comparer les réponses obtenues et à trouver des méthodes pour éviter le copier-coller...

  • Pistes de travail, par Jean-François

Les élèves utilisent beaucoup le Web dans les phases de recherche documentaire. C'est lors de ces recherches que les risques de méprise ou de confusion sont importants. Voici une liste de conseils que je transmets à mes étudiants pour se prémunir contre certaines déconvenues :

  • Croiser les sources d'informations en consultant par exemple les sites de plusieurs journaux en ligne.
  • Sur wikipedia, consuter l'historique des mises à jour pour éviter les ressources obsolètes, cela est particulièrement important en matières de statistiques économiques. De même, sur les blogs, toujours regarder la date de publication.
  • S'informer sur les rédacteurs des articles. J'interviens dans le domaine de l'économie, et la frontière avec la politique est parfois mince. Il paraît important que les étudiants/élèves soient conscients de la possibilité de positions partisanes.
  • Aller directement sur le site dont la source est citée. Ceci est valable notamment pour les cartes ou les graphiques. Il y a toujours des mises à jour possibles ou des ré-actualisations.
  • Puisque les jeunes utilisent beaucoup les réseaux sociaux, croiser les avis et les doutes avec ses "amis Facebook".
  • Inviter les élèves à réagir par la production de commentaires constructifs afin qu'ils s'approprient les contenus et décèlent par eux-même les éventuelles failles ou lacunes des contenus identifiés.
  • Exiger la reformulation des idées pour éviter les copier-coller. Cette reformulation peut se faire au sein d'un blog ou d'un wiki.
  • Une utilisation plus quantitative que qualitative, par Héloïse danger-internet-enfants-5226_jpg-5226-260x260.jpg

Je suis professeur de lettres classiques en collège et lycée. Lors de ma première année en lycée, j'ai demandé à mes élèves de première un devoir maison "type bac" portant sur l'analyse d'un texte littéraire. Sur 33 élèves, plus de la moitié s'étaient contentés (en deux semaines de travail) de faire un "copier-coller" d'analyses existant sur Internet (certains avaient poussé le vice jusqu'à recopier les fautes d'orthographe des sites Internet !).

On dit de ces élèves qu'ils font partie de la "génération informatique", qu'ils savent mieux que quiconque se servir des ordinateurs et d'Internet... Je m'inscris absolument en faux contre ces préjugés. Nos élèves utilisent les ressources informatiques de façon quantitative et non qualitative. Ils n'ont malheureusement aucun recul critique et pensent que ce qui est écrit est forcément la vérité. Tant qu'on ne les forcera pas à remettre systématiquement en question le contenu d'Internet, nous serons face à un problème de taille.

  • Prendre de la distance, par Maud

Depuis près de quatre ans, les enseignants doivent avoir leur brevet informatique (C2i) dans l'optique de valider pour l'obtention du brevet les compétences du B2i. Il nous est impératif de former les élèves à maîtriser les outils informatiques, mais encore plus à respecter la charte informatique de l'établissement quant à l'utilisation d'Internet. Des items du B2i les invitent à se questionner et surtout à connaître l'origine de l'information. C'est pourquoi chaque fois que les élèves vont sur Internet, nous demandons une sitographie, pour les habituer à citer leurs sources. Par ailleurs,on peut filtrer et limiter les sites de recherche, mais cela n'éduque pas à se questionner et à être autonome devant l'information.

La documentaliste intervient donc en ce sens pour que les élèves croisent au maximum leurs sources pour les amener à questionner le sérieux de l'information. Néanmoins, malgré toutes ces démarches, je constate que l'éducation à Internet sera un long chemin de croix : les élèves n'ont aucune distance par rapport aux sites, prenant pour argent comptant ce qu'ils trouvent. Ils piochent l'information et la consomment sous sourciller. Les parents n'ont également aucun recul et sensibilisent très peu leurs enfants à l'outil informatique, étant pour la plupart dépassés aux-mêmes. Enfin, certains collègues enseignants eux-mêmes n'ont aucun recul, car ils ont été aussi très peu formés à ce genre d'outils.

  • L'importance des références, par Fiona

Je leur apprends à privilégier les sites universitaires (Jstor, Muse, Cairn, 18th Century online, Gallica Bnf, Archive.org, Fabula, Vox poetica) ; pour Wikipédia, je les mets en garde, tant les articles sont inégaux. Les notes et les références sont un bon indicateur de sérieux : s'il n'y en a pas, méfiance !

  • Vu d'une doc..., par Claire Bos

Parmi les enseignants, il y a les professeurs-documentalistes qui, dans collèges et lycées, font découvrir et utiliser les ressources documentaires et celles du Net ! Nous, documentalistes, faisons souvent "poil à gratter" auprès des élèves (ou des collègues), rappelant le droit d'auteur ("pas de copier/coller !"), l'interdiction d'imprimer telle image, le regard critique devant l'écran, etc.

Dans mon collège, j'assure pour les élèves de 5e une formation aux outils de recherche, à l'évaluation d'un site ou d'une info : recouper des sources, identifier un auteur, le contacter, savoir repérer si un site est à jour, etc.

Mais les profs ne sont pas tous sensibilisés ni formés aux enjeux de cette culture informationnelle. Il manque un "programme" précis de connaissances et de compétences info-documentaires, sur lequel s'appuyer dans toute la scolarité et toutes les matières, pour que les outils de communication et d'information entrent à l'école, mais surtout que les élèves en soient utilisateurs intelligents, et non passifs. Apprendre à utiliser des outils, mais aussi à les connaître, à en mesurer intérêts, mais aussi limites ou dangers. Savoir trouver une information, mais aussi la comprendre, en évaluer pertinence et qualité, et aussi y réfléchir ! Nous espérons des avancées institutionnelles (d'autres pays l'ont fait). La dimension de l'esprit critique, de l'intelligence : c'est bien le rôle de l'école ?

  • Surtout en 5e et 4e, par Renaud

L'éducation aux médias a sa place en 6e mais surtout en 4e lors du chapitre sur les libertés, et plus précisément la liberté de la presse. Un chapitre traditionnellement très aimé des élèves dans le sens où ils se rendent compte qu'ils utilisent les médias de manière très incomplète.

L'utilisation des ressources du Web en histoire-géographie entre dans la maîtrise des sources en général, qui est abordée en 5e et 4e à travers l'étude et la critique des textes médiévaux sur les icônes françaises (Clovis, Jeanne D'arc) et la critique de ces icônes. Une fois l'esprit critique éprouvé par l'écrit, les élèves sont chargés de rédiger des biographies avec les ressources du Web, sachant qu'ils doivent ici sélectionner leurs sources selon qu'elles sont institutionnelles, d'encyclopédies en ligne, de blogs, etc. Dès lors, le travail en classe revient à mettre en lumière les différence de traitement des connaissances selon le statut des sites.

Globalement, il est acquis pour de élèves de 3e que les ressources du Web sont plus difficiles à utiliser que les autres présentes au CDI. Pour les élèves en difficulté, le Web signifie souvent "économie d'effort" et il est donc plébiscité, à tort, malgré nos multiples rappels.

  • Et les former à la lecture ?, par Bernard

Enseignant en lycée, j'encadre les élèves lors des TPE (travaux personnels encadrés), où le travail autonome permet de jauger leurs capacités à utiliser Internet. Le résultat est :

  • aucune notion de mot-clé, de registre lexical induisant le type de réponse : ils tapent des morceaux de phrase, avec articles, sans guillemets...
  • aucune analyse des site (.org, .com, .pages perso), donc aucun recul critique
  • lecture littérale et maladroite : au bout de deux lignes, si l'info n'y est pas, on zappe...
  • les outils : surligneur, sites similaires... rien

Alors la maîtrise de l'outil web... Et tellement imbus de leur supériorité de "digital native" qu'ils sont incapables d'écouter et, pire encore, suivre les consignes proposées !

  • Ne pas prendre pour argent comptant, par Bruno

J'utilise le Web presque quotidiennement avec mes élèves de terminale, notamment si j'ai besoin d'une donnée actualisée (taux de chômage dans le cours d'aujourd'hui, par exemple).

Je les mets fréquemment en garde sur les informations qu'ils trouvent sur le Web : ces informations sont-elles fiables et proviennent-elles d'une source digne de confiance ? J'insiste pour qu'ils formulent correctement leurs recherches dans les moteurs de recherche et qu'ils ne s'arrêtent pas au deux ou trois premières occurrences trouvées. Je leur rappelle que de nombreux sites payants proposent des ressources qu'ils peuvent trouver gratuitement avec un peu de persévérance.

Il me semble que contrairement à l'idée générale, les élèves ne sont pas aussi à l'aise qu'on veut bien le dire avec Internet. Certes, ils maîtrisent mieux que moi les sites de tchat ou autres forums ; en revanche, lorsqu'il s'agit de rassembler différentes informations sur un sujet donné et de les recouper, bien souvent il ne s'agira que d'une compilation pure et simple (du copier-coller) sans analyse ni recul sur les informations données.  C'est donc un travail incessant de rappeler que le Web est un formidable outil à condition d'en maîtriser les élémentaires règles du jeu et de ne pas céder à la facilité apparente qu'il semble offrir.

 

Source : Le monde.fr -  18.03.10 - AI

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:43

« Pendant que les adultes redoutent une mauvaise rencontre, les jeunes réclament une meilleure formation. Au terme d'une année de travaux menés par deux sociologues, pour l'association Fréquence écoles, les résultats laissent apparaître un fort décalage entre la réalité des pratiques numériques adolescentes et leurs représentations. La prévention et l'accompagnement des jeunes doivent en tenir compte afin qu'ils deviennent des usagers critiques des médias. »

Une étude sociologique 

Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers

Les jeunes et Internet : de quoi avons-nous peur ?
« À la télé, à la radio, au journal télévisé comme dans les magazines d’investigation, on nous présente un web sombre, propice aux mauvaises rencontres où les adolescents, jeunes addicts crédules, errent sans fin. Afin de protéger les jeunes des dangers du Net, les messages de prévention s’appuient sur ces mêmes représentations. Conséquence : souvent la prévention s’adapte mal à la réalité des risques auxquels les jeunes sont vraiment confrontés. »

Élodie Kredens et Barbara Fontar - sociologues des médias - ont mené une enquête de fond
Leurs travaux de recherche ont duré un an et se sont déroulés en deux temps : une série de 50 entretiens individuels avec des jeunes et leurs parents à leurs domiciles, puis la passation d'un questionnaire auprès de 1000 élèves, du primaire au lycée sur les représentations d'Internet.

Pendant que les adultes redoutent une mauvaise rencontre, les jeunes réclament une meilleure formation
Les résultats de l'enquête « laissent apparaître un fort décalage entre la réimage_preview.jpgalité des pratiques numériques adolescentes et leurs représentations. La prévention et l'accompagnement des jeunes doivent en tenir compte afin qu'ils deviennent des usagers critiques des médias. »

 

Résumé

La première partie s'intéresse aux représentations d’Internet : celles des adolescents (outil de communication - outil de divertissement - outil de recherche, de découverte et d'information - plateforme commerciale) et celles des parents qui expriment leur méfiance et leurs craintes mais reconnaissent les apports indéniables d'Internet (outil de connaissance - outil de soutien scolaire). Cette première étape permet par la suite de mesurer l’ampleur du décalage entre les usages adoptés et les représentations façonnées.

La seconde partie explore les fondations et les bases de la pratique d’Internet chez  les enfants et les adolescents en cherchant à savoir dans quels contextes ils se rendent sur Internet et comment ils s’approprient l’outil. Elle analyse leurs habitudes de connexion et de navigation et les dispositifs d’encadrement parentaux et scolaires.

La troisième partie propose une approche thématique des usages d'Internet chez les enfants et les adolescents. Elle permet de découvrir leurs activités de prédilection et celles qu'ils délaissent. Elle montre comment les jeunes font d'Internet un outil tour à tour ludique et créatif, informatif et instructif, et communicationnel.

La dernière partie s'interroge sur les risques et les préjudices. Elle évalue le degré de sensibilisation des jeunes et recense les instances de prévention qui gravitent dans leur environnement. Elle relève une confrontation récurrente à des expériences fâcheuses, avec un degré d'exposition qui croît avec l'âge, relate des expériences malheureuses et les réactions pour y faire face. Les entretiens ont permis de constater de réelles capacités de préservation (la lassitude, l'évitement, la discrétion, la solliciation d'un encadrement).

 

 

Un petit clique sur l'étude intégrale : "Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internets pour les protégers des dangers" : link

 

 

Ce qui ressort de l'étude:

 

Quelques extraits :

Internet / Télévision
« Retenons que quelle que soit la date d’arrivée d’Internet au domicile, il concurrence la télévision de façon différente selon l’âge : les plus jeunes privilégient la télévision et les lycéens Internet ; entre les deux se trouvent les collégiens qui consomment autant l’un que l’autre. Pour autant la télévision n’a pas dit son dernier mot... »

Les activités préférées des jeunes sur le web
1 : Regarder des vidéos (91,1%)
2 : Ecouter de la musique (90,8%)
3 : Jouer (82,3%)
4 : Faire des recherches pour soi (78,1%)
5 : Discuter (74,9%)
6 : Faire des recherches pour l’école (74,4%)

Une toile restreinte qui s'élargit avec l'âge

Les enfants pratiquent principalement 4 activités :

les jeux, l’écoute de musique, le visionnage de vidéos et les recherches personnelles.

Les collégiens pratiquent principalement 9 activités :

l’écoute de musique, le visionnage de vidéos, les jeux, les discussions en ligne, les recherches scolaires, les recherches personnelles, les mails, la consultation de blogs de tiers, le téléchargement.

Les lycéens pratiquent principalement 11 activités :

l’écoute de musique, les discussions en ligne, le visionnage de vidéos, les recherches personnelles, les recherches scolaires, les mails, la consultation d’actualités, le téléchargement, la consultation de blogs de tiers, les jeux et les achats.

Chiffres phares
- 1% des jeunes n’a jamais navigué sur le web.
- 44,5% des jeunes déclarent utiliser Internet quotidiennement.
- 60% des jeunes surfent à l’abri des regards, dans un espace tranquille de la maison.
- 86 % des lycéens ont un compte Facebook.
- 75,8 % des jeunes pensent que les informations trouvées sur Internet ne sont pas toutes fi ables.
- Près de 2 jeunes sur 3 ne discutent pas avec des inconnus.
- 2 enfants sur 3 en primaire ont déjà été choqués par ce qu’ils ont vu sur Internet.
- 82,5% des collégiens et lycéens ont vécu une expérience négative sur Internet.

Des dangers à identifier
« La quasi-totalité des jeunes naviguent sur le web (99%), et ce de façon quotidienne pour 44,5% d'entre eux. Pourtant, ils sont peu avertis et formulent un manque de sécurité sur la Toile. Pour eux, les vrais dangers sont les images choquantes à caractère violent ou pornographique (47%), l'usurpation d'identité, notamment l'utilisation de photos sans accord préalable (41,8%), et les virus et/ou le piratage (36,4%).
On comprend donc que les jeunes, tout aussi ''digital natives'' qu'ils soient, ont besoin d'être accompagnés car ils manquent encore de technicité et de compréhension du web. »

Des risques sur Internet
« Des risques sur Internet ? Les garçons sont plus nombreux que les filles à estimer qu’il existe une dramatisation des risques liés à Internet. Ils ont tendance à minimiser davantage les risques du web. »

Des aventuriers du Web ?
« Pas vraiment. Plus de 8 jeunes sur 10 savent où ils veulent aller sur le Net, même si 1 jeune sur 10 se rend sur des sites au hasard. »

Les jeunes : des internautes insouciants ?
« Seuls 3,5% des jeunes interrogés affirment qu’il n’y a pas de dangers sur Internet et il s’agit là surtout des plus jeunes...
Les jeunes ne sont pas réfractaires aux discours de prévention puisque 85,7% d’entre eux considèrent qu’il est important d’avertir les jeunes des risques qu’ils courent sur le Net...
Environ 4 jeunes sur 5 ont laissé des informations personnelles sur Internet... »

De l’esprit critique plutôt féminin
« Internet, « tout est bien » ? Parmi ceux qui n’émettent aucune réserve sur Internet on rencontre un peu plus de garçons.
Vraies/fausses informations sur Internet. Les garçons apparaissent à ce propos très légèrement plus crédules que les filles sur la qualité des informations collectées sur le web. »

 

 

 

 

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:37

Uthumbn Centre d’études sur les jeunes et les médias vient d’être créé.

Une équipe de chercheurs issus principalement des Sciences de l’information et de la communication, rassemblés autour du même objet « l’éducation aux médias et les pratiques médiatiques des jeunes » vient de se former pour constituer l’association Le Centre d’études sur les jeunes et les médias.

Cette association se donne pour objectifs de :
• rassembler les chercheurs travaillant sur des thématiques questionnant les jeunes et les médias, dans une approche pluridisciplinaire ;
• valoriser la recherche universitaire et les pratiques éducatives ;
• offrir un espace d’échanges et de partage ;
• mettre à la disposition des éditeurs et de presse, des journalistes, mais aussi des enseignants, des formateurs, des éducateurs et des étudiants différents types de ressources (études scientifiques, enquêtes et travaux universitaires) ;
• être un lieu de dialogue avec les nombreux acteurs publics et privés intervenant dans le domaine de l’éducation aux médias.


La première rencontre organisée par le Centre d’études a lieu le vendredi 9 avril 2010, à 15 h 00, à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, salle Las Vergnas (3e étage), 13 rue de Santeuil, 75005 Paris. C’est la première journée d’une série de rencontres-conférences, dont le grand témoin est Edwy Plenel, cofondateur du site d’informations en ligne Mediapart, qui interviendra sur les enjeux et les nouveaux défis de la presse en ligne. Libre d’entrée, cette manifestation est ouverte à tous. Elle se prolongera autour d’un verre.


Par ailleurs, le Centre d’études sur les jeunes et les médias va publier, en partenariat avec les éditions L’Harmattan, à partir d’octobre 2010, une revue, Jeunes et Médias, les cahiers francophones de l’éducation aux médias. Cette parution à vocation scientifique aura pour objectif majeur de promouvoir les travaux universitaires axés sur les jeunes et les médias.
L’équipe fondatrice se compose de Marie-Christine Lipani-Vaissade (IJBA-Université de Bordeaux III), Laurence Corroy (Paris III), Isabelle Dumez Féroc (Poitiers), Marlène Loicq (Paris III) et Francis Barbey (Université catholique de l’Afrique de l’Ouest).

 

Source : Centre d’études sur les jeunes et les médias, 66 rue Gay-Lussac, 75005, Paris
Renseignements :
jeunesetmedias@gmail.com

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:26

Compte–rendu de la conférence - débat du 27/4/2009 à La Source

 

Le célèbre psychiatre et psychanalyste étudie depuis de longues années l’impact de l’irruption des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la vie quotidienne. Pour lui, le développement exponentiel des TIC engendre non seulement de nouveaux modes d’échanges (SMS, courriels, twitter, réseaux sociaux…) mais auvignette_tisseron1.jpgssi un bouleversement anthropologique d’ampleur. Celui-ci s’exerce dans quatre grands domaines : 1/ l’image de soi 2 le rapport aux autres 3/ la relation au monde des images 4/ l’apprentissage et le rapport à l’espace, au temps et à la connaissance

 

Serge Tisseron porte un regard serein sur cette nouvelle culture du virtuel. Il ne croit pas à la notion très en vogue d’addiction aux jeux vidéo ni de la violence générée par ceux-ci. Il rappelle que beaucoup de spécialistes des jeux pensent aujourd’hui que le simages violentes ne rendent violents que les enfants… violents (ou en manque de repères familiaux). En clair, l’environnement compte énormément. Pour lui, le danger auquel sont confrontés les jeunes tient plus à la surveillance, à la collecte des données personnelles que les TIC permettent qu’a la figure récurrente du pédophile ou du prédateur sexuel... Il recommande cependant un usage prudent des écrans, et nous livre quelques précieux conseils d’utilisation.

 

1/ L’IMAGE DE SOI Avec les TIC, les jeunes sont très souvent filmés ou photographiés par leurs parents ou amis, ce qui n’est pas sans conséquences sur la façon dont ils se perçoivent. Les enfants grandissent avec deux images d’apparence : l’une dans le miroir (reflet inversé) et l’autre sur support (film, photo, etc.). Ils développent en eux l’idée qu’ils disposent de plusieurs identités successives ou concomitantes. Sur internet, ils peuvent s’amuser à se créer plusieurs identités. Ils ont tendance à jouer avec leur identité comme avec une garde-robe. Leur personnalité est unique mais leurs identités sont multiples et flottantes.

 

2/ RAPPORT AUX AUTRES Les jeunes sont très sensibles au jugement que leurs parents ou copains portent sur leur(s) identités(s). Le moteur de recherches Google porte une certaine perversité, car il sélectionne en premier l’information la plus consultée. Les enfants pensent ainsi que ce qui compte, c’est d’être remarqué (consulté, référencé) avant d’être aimé. Les jeunes veulent savoir qui ils sont et Google leur offre une réponse selon des critères biaisés.

 

3/ RELATION AUX IMAGES Depuis 2001 et le développement des émissions de télé-réalité, les images sont devenues « indécidables ». C’est-à-dire que nous sommes dans l’incapacité de dire si ce que nous voyons est vrai ou faux ; s’il s’agit d’une fiction ou d’un document. Ce qui change, c’est que rien n’est vrai ni faux à la fois ! Même la pornographie est désormais truquée. Avec internet, de nombreuses images fabriquées sont diffusées, sans que l’on sache différencier les vraies des fausses. Conséquence : on est incité à se rapprocher de gens qui pensent comme nous. Internet porte en germe la constitution de communautés de croyances et d’appartenance (communautarisme).

Avec Internet, les jeunes sont appelés à être des créateurs d’images et pas uniquement des consommateurs d’images, à l’inverse de la génération de leurs parents. Les jeux vidéo peuvent être détournés, les images piratées et remises en scène. Beaucoup de jeunes créent des films sonores de 2 à 10 minutes - les machinima (machine, image, imagination) - avec leur téléphone mobile. Le festival du film de poche (ou « pocket film ») a été créé pour valoriser cette production. Il est important que les adultes, les institutions (écoles, collectivités…) valorisent ces créations pour éviter de creuser le fossé générationnel. Le danger collatéral de la création d’images ou des réseaux sociaux est l’atteinte à l’intimité. Il faut dire aux enfants que leur image leur appartient, et leur recommander de toujours donner leur accord pour être photographiés tout en veillant à l’utilisation qui sera faite de leur image.

 

4/ RAPPORT A LA CONNAISSANCE Les TIC entraînent un bouleversement du rapport à la connaissance et des modes d’apprentissage. Sur les TIC, la méthode d’apprentissage est inductive (on apprend par les essais et les erreurs) ; à l’école, la méthode est déductive (on formule des hypothèses). Le changement est radical. Dans le premier cas, on n’apprend que si l’on ose prendre des risques, puisqu’il s’agit de tenter pour parvenir au résultat ; dans le second cas, on cherche à l’inverse à éviter les risques, on ne formule une réponse que lorsqu’on est sûr de soi.

Ce qui compte, c’est de dire aux enfants qu’il existe deux manières d’apprendre qui ne s’excluent pas l’une l’autre. Avec les TIC cependant, les enfants arrivent au résultat sans vraiment savoir comment (par tâtonnements). C’est pourquoi le travail en groupe est fondamental. Ceci permet en effet aux enfants de s’expliquer mutuellement leurs actions, le formaliser le comment.

 

Les TIC permettent l’acquisition de connaissances : c’est le cas des « serious games », par exemple. Le paradoxe est qu’ils sont peu valorisés en France par comparaison à d’autres pays (Etats-Unis, Pays-Bas…) alors qu’ils sont bien souvent conçus par des entreprises françaises ! Mais l’Education nationale est très réticente vis-à-vis de ces « serious games » en rupture complète avec les traditions d’enseignement.

 

Les TIC permettent aussi l’acquisition de compétences : la capacité de faire face à des environnements changeants, le travail en équipe. Un joueur de jeu vidéo ne cherche pas tant à être le meilleur dans l’absolu qu’à se positionner au mieux dans un domaine précis pour compléter une équipe et l’aider à gagner.


Du bon usage des écrans : la règle du « 3-6-9-12 » (compte–rendu de la conférence - débat du 27/4/2009 à La Source – Extrait)

Pour Serge Tisseron, il convient de respecter quelques grandes règles de prudence pour l’utilisation des écrans par les enfants. Ses conseils sont les suivants :

 

AVANT 3 ANS : la TV n’est pas recommandée (ni l’ordinateur)

 

DE 3 à 6 ANS : l’accès à la TV est envisageable mais pour une durée préalablement définie par l’adulte ; en revanche, l’accès aux jeux numériques n’est toujours pas recommandés. Dans cette tranche d’âge, les jeux manuels sont plus adaptés : ils laissent davantage libre cours à la créativité de l’enfant et les aident à mieux se représenter l’espace. Les jeux réels offrent aussi une plus grande diversité identificatoire : l’enfant peut endosser plusieurs rôles, alors qu’il est limité à un seul rôle dans un jeu vidéo et qu’il suit un scénario contraint.

 

DE 6 ANS A 9 ANS : l’accès aux jeux d’ordinateur est envisageable mais en veillant à ce que ce temps d’ordinateur ne s’ajoute pas au temps déjà accordé pour le visionnage de la TV. En clair, le temps d’écran autorisé à l’enfant doit se calculer globalement (TV + ordinateur + game-boy, etc.).

 

DE 9 à 12 ANS : l’enfant peut surfer sur internet mais accompagné d’un adulte. Seul ce dernier sera en mesure de sortir l’enfant du brouillage des repères qui le caractérise dans cette tranche d’âge (flou sur les notions de sphère privée - intimité - et publique, entre la réalité et la fiction, de temps, etc.). Il existe une vraie fragilité psychologique pour cette tranche d’âge.

 

A PARTIR DE 12 ANS : l’utilisation d’internet seul, avec recours à des logiciels de contrôle parental, est envisageable. Toutefois, il faut savoir que les logiciels de contrôle parental n’apportent pas toutes les garanties espérées : on estime qu’ils ne sont efficaces qu’à 70 % pour les sites pornographiques et qu’à 50 % pour les sites de ventes de drogues.

NB : il existe une norme européenne - PEGI – Pan European Game Information (http://www.pegi.info/fr/) – qui classe les jeux par âge (+ 12 ans/+ 18 ans, etc.). Serge Tisseron l’estime assez fiable, tout en recommandant aux parents de tester eux-mêmes les jeux avant de laisser les enfants jouer avec. De même, il convient de responsabiliser la fratrie pour que les plus jeunes ne jouent pas avec les jeux réservés aux ados.

 

Source : débat " Faut il interdire les écrans aux enfants"du 27/4/2009 à La Source - Serge Tisseron

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 22:39

Enfants, consommation et publicité télévisés , les études de la Documentation Française

 

 

Immergé dans un bain médiatique continu, l’enfant grandit dans un climat culturel profondément déterminé par la télévision, notamment par les écrans publicitaires qu’elle multiplie à son intention, en le considérant avant tout comme un consommateur potentiel. Il teuf_portrait.jpgdevient ainsi un acteur courtisé de l’économie marchande. Avec l’essor des renforce son influence sur les jeunes ; il est désormais un support important de leur culture, de leur socialisation et de leur éducation.
L’auteure, dans une étude plus particulièrement centrée sur les enfants de 6 à 14 ans, s’appuie sur les nombreux travaux disponibles en la matière et décrit l’ensemble des moyens mis en œuvre par la publicité télévisuelle en direction du jeune consommateur. Elle explicite comment – mais aussi dans quelle mesure – cette publicité le marque dans son appréhension et sa représentation du monde. Elle envisage aussi les pistes qui devraient fournir aux jeunes les connaissances et les armes critiques leur permettant de vivre au mieux dans une société induite par l’économie de marché et de l’aborder en citoyen.

 

 

Source : DAGNAUD Monique, « Enfants, consommation et publicité télévisés ,les études de la Documentation Française", 2003

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 22:37
 
Discussion du Rapport de David Assouline sur les Jeunes et les Nouveaux Médias, le 30mars 2010 au Sénat en séance ordinaire.
Source : Chaîne : actu et politique - Via Dailymotion -  30/03/10
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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 21:47

 

 

Dans le cadre du colloque "Enfants et écrans : qui dévore qui ?" QualiQuanti a recueilli un corpus important de photos d’enfants en situation face à l’écran de télévision / d’ordinateur envoyées par les parents de ces enfants inscrits sur le Panel Jeunesse de Lagardère.
Ces photos ont fait l'objet d'une analyse sémiologique.

 

 

De la méthode

L’analyse a porté sur plusieurs éléments susceptibles d’éclairer le rapport des enfants aux écrans
:

o Les photos recueillies en amont du colloque
o Les commentaires des parents
o Des visuels d’écrans et de consoles de jeux
o Des visites en magasins spécialisés, Darty, Fnac, Virgin, au rayon des jeux vidéos et écran TV, en particulier près des stands de démonstration (le mercredi après-midi est une période de forte affluence d’enfants).logo-gulli.jpg

L’analyse a tenu compte d’une série de travaux et lectures sur le sujet (chaque fois qu’une référence intervient pour éclairer le propos, ou participe au commentaire des photos, elle est renvoyée en note) :

o Les actes du Colloque Gulli Enfants, écrans : qui dévore qui ? Novembre 2007
o Pour comprendre les médias, Mc Luhan, Seuil, 1977
o Les enfants face aux écrans : pornographie, la vraie violence ? Paris Télémaque 2004, et Les 90 questions que tous les parents se posent, Paris Télémaque, 2007, par Jacques Henno, complétés pas des entretiens avec l’auteur.
o L’écran global, Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, Paris, Seuil, 2007
o Apprendre avec l’écran, qu’est-ce que cela change pour nos enfants ? Rolande Kodsi, Milan, 1999

L'étude a également tenu compte d’études antérieures réalisées par QualiQuanti sur des sujets proches :

o Étude sémiologique sur le cartable électronique
o Étude sur le DVD interactif (enquête qualitative et sémio)
o Étude sur le comportement des jeunes à domicile à l’heure du prime time

Synthèse

La question du rapport des enfants aux écrans est difficile à traiter car elle est brouillée par des considérations connexes sur l’écran lui-même qui peuvent parasiter le sujet :

o On ne parle le plus souvent que des images qui passent dans les écrans (en l’occurrence le porno, la violence, la pub), et non pas des écrans eux-mêmes, comme si le dispositif était tout à fait « neutre ». Il y a une ambiguïté – qui est en elle-même révélatrice – à mettre en avant la question de l’écran pour ensuite la passer sous le tapis des images.
o On ne parle le plus souvent que de la menace ou de l’inquiétude des parents quant aux effets néfastes des écrans sur les jeunes esprits, et aux outils de défense mis en place pour les prévenir (contrôle du temps et interrogations sur les programmes visionnés)

Si l’on essaie de dépasser ces questions qui sont légitimes mais qui font aussi justement « écran » à la question de l’écran, les images recueillies révèlent à la fois :

o La très forte capacité d’immersion des enfants devant l’écran, par tout un ensemble de facteurs. Les écrans peuvent être classés selon leur degré potentiel d’immersion, de l’ordinateur à la console. Tout se passe comme si l’enfant n’avait qu’un seul mode d’écoute (immersif), contrairement aux adultes qui en ont plusieurs.
o La très faible adaptation relative des écrans (et des meubles) aux enfants. Ceux ci doivent se glisser très tôt dans une architecture écranique qui n’est pas conçue pour eux.
o L’impact de l’écran en soi, indépendamment des images qu’il diffuse. Cette métamorphose dans l’accès au jeu ou au savoir exige un renouvellement en profondeur, pas seulement des adultes mais de l’école et de la société.

Plusieurs enjeux se dessinent clairement à l’analyse des images envoyées :

o D’une part, la nécessité de compléter (et non pas d’empêcher) l’écoute immersive par d’autres modalités d’écoute, d’actualisation, d’interaction avec les adultes, en diffusant des programmes qui supposent ce type d’écoute (programmes familiaux, ou adultes)
o D’autre part, d’adapter la géographie domestique ou les écrans en fonction des besoins de l’enfant (proximité, hauteur). De ce point de vue, l’usage de l’ordinateur portable (léger, multi-fonctions, multi-usagers) apparaît comme une tendance très légitime.
o Enfin, le modèle de l’écran vient perturber une certaine image et statut de l’enfant, par rapport à l’adulte et à l’école. Le modèle de transmission des savoirs proposé par l’écran est concurrent de l’école, et invite à repenser leurs relations en termes de complémentarité.

Lien à visiter Absolument :

 

http://testconso.typepad.com/marketingetudes/files/qualiquanti_gulli_enfants_et_crans_2_.pdf

 

Source : mercredi 30 janvier 2008 - Acte de colloque "Enfants et écrans : qui dévore qui ?" QualiQuanti

L'observatoire Gulli est une cellule permanente, créée en 2007 au sein du Pôle Jeunesse Lagardère Active et entièrement dédiée à l'étude du comportement des enfants et leurs habitudes, avec pour objectif de dégager des éclairages prospectifs, d'enrichir la réflexion des acteurs institutionnels et des parents, et d'être à même d'imaginer les contenus de demain.

 

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 21:35

Pour les moins de 4 ans :

Les mesures d’audience des programmes télévisés réalisées par les instituts spécialisés n’intègrent pas les enfants de moins de 4 ans. Cela ne signifie pas que ces derniers ne regardent pas la télévision. Bien au contraire, ils sont bien souvent présents lorsque la télévision est allumée et que les adultes la regardent. Ils sont alors sollicités et stimulés, malgré eux, par ce flot d’images et de sons.

Pour les 4-10 ans :

En 2008, dans le palmarès des 10 programmes les plus regardés par les 4-10 ans, huit programmes sont des films.

Parmi les 10 programmes les plus regardés par les 4-10 ans en 2008, figure un journal télévisé. Les enfants ont le droit à l’information, c’est-à-dire le droit d’accéder à une information adaptée à leur âge mais bien souvent, l’information généraliste des journaux télévisés n’est pas adaptée à leur sensibilité et peut les angoisser.

La consommation TV par genre chez les enfants de 4-10 ans consacre, sans surprise, les programmes « jeunesse », qui arrivent en tête du palmarès avec une moyenne de 18,3% de parts d’audience sur les sept chaînes hertziennes “historiques”, suivis par le sport (15,3%), la fiction (films de cinéma, téléfilms, séries, feuilletons et pièces de théâtre), (15%), les émissions de divertissement et de télé-réalité (13,7%) et enfin la publicité (12,8%) et l’information (11,6%).

(Source : MMW-Médiamétrie)

Pour les 11-14 ans :

En 2008, dans le palmarès des 10 programmes les plus regardés par les 11-14 ans, six programmes sont des films. Figurent également les séries (deux programmes sur 10), le sport (un programme sur 10) et les émissions de télé-réalité (un programme sur 10).

Chez les 11-14 ans, le palmarès des genres les plus consommés est légèrement différent par rapport à la consommation des enfants de 4-10 ans. Ce sont d’abord les émissions de sport (18,8% de PDA) qui viennent en tête des programmes les plus consommés par les enfants de 11-14 ans, suivies des variétés/divertissement (dont la télé-réalité, à 16,8% de PDA), puis de la fiction (dont le cinéma, à 16,7% de PDA) et des émissions jeunesse (16,2% de PDA). Se trouvent également en fin de liste la publicité (13,9% de PDA) et l’information (11,5% de PDA).

(Source : MMW-Médiamétrie)
 

 Le temps que passent vos enfants devant la télévision

En 2008, les 4 à 10 ans ont regardé plus longtemps la télévision que les 11-14 ans (2 h 13 min contre 2 h 09 min) et leur consommation a progressé de 8 minutes depuis 2000 alors que celle des 11-14 ans a diminué de 12 minutes.

La durée d’écoute des 4-10 ans abonnés à une offre élargie (chaînes thématiques payantes, chaînes de la télévision numérique terrestre, chaînes régionales, locales et étrangères) s’élevait même à 2 h 29 en 2008, soit 16 minutes de plus que pour les enfants accédant à une offre restreinte (sept chaînes « historiques » gratuites).

(Source : Médiamat-Médiamétrie)


La nécessité d’adapter la consommation télévisée à l’âge de votre enfant

La télévision n’est pas adaptée aux enfants de moins de 3 ans

Avant trois ans, l'enfant se constuit en agissant, alors que la télévision rique de l'enfermer dans un statut de spectateur à un moment où il doit apprendre à devenir acteur du monde qui l'entour. En revanche, après trois ans, le fait de regarder des émissions adaptées à vocation éducative, avec l’accord des parents, peut stimuler certaines capacités de l’enfant comme la mémoire ou la reconnaissance des lettres de l’alphabet.

Selon les professionnels, seuls les programmes pour enfants peuvent être regardés par ces derniers avant l’âge de 8 ans.

La durée et le mode de consommation de la télévision, ainsi que le type de programme et les horaires de visionnage doivent également être adaptés à l’âge de l’enfant. Par exemple, le visionnage de 10 minutes de programmes représente déjà un temps de concentration élevé pour un tout-petit. Entre 3 et 6 ans, il est conseillé de privilégier des sessions courtes de visionnage, avec la possibilité de revoir plusieurs fois le même programme afin de comprendre l’action et les intentions des personnages, ce que ne permet pas le fait de « zapper » entre plusieurs émissions.

 

Respectons les signaux de protection

La signalétique jeunesse est là pour vous aider à adapter les programmes à l’âge de vos enfants. Il est nécessaire de leur faire comprendre l’importance de la signalétique en lui disant qu’il vous arrive à vous aussi de pouvoir être choqué par certaines choses et que vous ne voulez pas qu’il le soit.


 
 La télévision et le développement de l’enfant de moins de 3 ans

« Le bébé ne comprend pas, il ressent ! Un peu comme une éponge, il absorbe et s’imprègne de tout ce qui l’entoure. » (Qu’est-ce qu’il y a à la télé ?, Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).

Le développement d’un jeune enfant passe par la motricité et la capacité à interagir avec les adultes qui l’entourent et avec les objets qu’il rencontre. Il existe plusieurs étapes dans le développement de l’enfant de moins de trois ans : le bébé est d’abord attiré par tout ce qui bouge puis il découvre qu’il peut agir sur son environnement et, dès que sa motricité le lui permet, il désigne les choses et les touche. A partir de neuf mois, le bébé imite sans comprendre ce qu’il voit. Vers un an et demi ou deux ans, il met des mots sur les choses et comprend des expressions de base.

Pour développer ses capacités, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens en s’appuyant notamment sur la relation avec un adulte qui répond à ses sollicitations. Il a besoin, pour se développer, de se percevoir comme pouvant transformer le monde, ce qu’il fait par exemple quand il manipule des objets autour de lui. L’exposition passive à des images diffusées sur un écran ne favorise pas ce type d’interaction et peut au contraire freiner le développement du tout-petit enfant.

Un très jeune enfant exposé à la télévision reçoit un flux d’images et de sons qu’il ne comprend pas et qui peuvent entraver son développement.

Le regard du bébé est capté par l’écran et l’effet calmant qui s’en suit peut donner l’illusion d’un effet positif. Or, au calme de l’enfant capté par l’image va souvent suivre une agitation, mal comprise pouvant paradoxalement amener les parents à augmenter la consommation de télévision.


 
 La télévision et le développement de l’enfant de entre 3 et 6 ans

« À partir de 3 ans, l’enfant est capable de suivre un film ou une émission qui l’intéresse. […] Il croit tout ce qu’on lui montre ou ce qu’on lui raconte. Il est d’abord crédule et il lui faut du temps pour parvenir à faire la part du vrai et du faux. » (Qu’est-ce qu’il y a à la télé ?, Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).

L’enfant âgé de 3 à 6 ans réagit avec sa sensibilité. Dans cette période où son langage se développe et où il gagne en autonomie et en expériences en prenant des initiatives et en devenant plus actif, il est important de sélectionner les programmes qu’il visionne et d’en limiter la durée. Parmi ses différentes expériences, celle des images est importante car il construit à cet âge sa sensibilité. Selon ces différentes expériences, il deviendra confiant et offensif ou, au contraire, craintif et défensif.

Il n’a pas de recul par rapport aux images et ne percevra donc pas la différence par exemple entre une publicité et un programme ou encore entre la fiction et la réalité.

Il considèrera comme réelles les images effrayantes qu’il aura vues, sans avoir les mots pour exprimer ce qu’il ressent. D’où la nécessité d’exercer une vigilance particulière et de dialoguer avec lui.


 
 La télévision et le développement de l’enfant de entre 6 et 10 ans

« Après 7 ans, il commence à prendre du recul. […] Il peut donner sens à ce qu’il voit, le relier à son contexte et donc prendre de la distance par rapport à l’effet immédiat de l’image » (Qu’est-ce qu’il y a à la télé ? Dr Claude Allard et Cécile Dollé, Albin Michel).

Entre 6 et 10 ans, la pensée de l’enfant se construit et lui permet de faire le lien entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dès 6 ans par exemple, l’enfant commence à analyser, à comprendre.

Il commence à avoir une certaine expérience des images et peut les commenter. Il pourrait également vouloir montrer qu’il est capable d’imiter ce qu’il a vu.

D’où la nécessité de lui expliquer qu’il ne doit pas reproduire ce qu’il voit à la télévision de respecter sa sensibilité de jeune enfant en privilégiant le visionnage de programmes pour la jeunesse.


 
 La télévision et le développement de l’enfant de plus de 10 ans

Il ne faut pas négliger l’accompagnement des enfants de plus de 10 ans.

Entre 10 et 12 ans, l’enfant commence à vouloir accéder de manière plus autonome aux images.

Il veut diversifier les programmes qu’il regarde, continuer à regarder des programmes jeunesse mais également des programmes tous publics, ainsi que ceux déconseillés aux moins de 10 ans. Il est important de l’accompagner dans le choix de ces programmes, de lui apprendre à sélectionner ceux qui lui conviennent en devenant ainsi un téléspectateur actif.

De plus, à l’adolescence, il souhaite supporter certains contenus violents, même s’il n’en est pas réellement capable.

Il est important, même à cet âge et en dépit des facilités d’accès aux images dont disposent les adolescents, de dialoguer avec eux sur ce qu’ils regardent ou écoutent et de leur apprendre à choisir ce qui correspond à leurs goûts et à leur sensibilité.

 

 

Source : Conseil supérieur de l'audiovisuel - 04/04/2010

Via : http://www.csa.fr/protection_mineurs_TV/enfants01.html#loc01

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 21:02

Faut-il interdire les écrans aux enfants ?

 

En France, les enfants passent plus de trois heures et demi par jour41Kqud4lvSL__SS500_.jpg devant leurs écrans. Autrement dit, plus de 1200 heures par an à regarder la télévision, à surfer sur Internet, à jouer sur leur console ou à envoyer des SMS. Et seulement 900 heures sur les bancs de l'école. Devant cette nouvelle donne, les parents s'inquiètent : maîtrisant mal, eux-mêmes, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, leurs craintes sont parfois exagérées, mais loin d'être complètement infondées. Faut-il interdire les écrans ? Ou au moins limiter leur accès ? La violence à la télévision ou dans les jeux vidéo influe-t-elle sur les comportements ? Nos enfants deviennent-ils dépendants ? Les écrans constituent-ils un frein à leur développement intellectuel et émotionnel ? Influencent-ils leur réussite scolaire ? Pour répondre à ces questions, Bernard Stiegler, philosophe, considère que l'usage des écrans par la jeunesse pose désormais " un véritable problème de santé publique ". Face à lui, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, travaille depuis des années sur les effets des images violentes sur les enfants. Deux approches, deux points de vue, pour vous aider à savoir que penser de ces écrans, nouveaux " amis " de vos enfants.

 

Source : Editions Mordicus (22 octobre 2009) - Serge Tisseron et Bernard Stiegler.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 20:23
Intervention de Christian Gautellier, directeur du département « Enfants, écrans, jeunes et médias » des CEMEA, vice-président du Collectif Inter Associatif Enfance et Médias (CIEM), dans le cadre du stage national organisé par le SNES sur le thème « Situation des professeurs-documentalistes et 
de l’enseignement de l’information-documentation » (Paris, 27-28 janv. 2010)
 

" Le CIEM est un collectif regroupant divers organismes tels que des associations familiales, de parents d’élèves, des syndicats enseignants, des mouvements d’éducation populaire, etc. Ce collectif permet de réunir différents partenaires pour échanger autour du rapport entre les médias d’un côté, l’enfance et la jeunesse, de l’autre. L’approche du CIEM sur l’éducation aux médias est assez politique, pas seulement éducative. Son action vise à ne pas laisser face à face les industries des médias et les usagers - et notamment les jeunes. Les industries des médias se cachent derrière un discours prônant l’autonomie des jeunes, alors que le face à face est inégal (...) "

 

Lire la suite de l’intervention dans le fichier-joint à télécharger au format pdf.

 

PDF - 152.3 ko

 

http://www.snes.edu/Education-aux-medias-ou-en-est-on.html

 

Source : 26/03/2010 - Christian Gautellier, directeur du département "Enfant, écrans, jeunes et médias" des CEMEA.

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