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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:56

La parole à Jacques Beaune, président de la Fédération française de cardiologie...

Les enfants d’aujourd’hui sont-ils les cardiaques de demain ?
Oui, car leur mode de vie change. L'activité physique diminue car leurs loisirs se passent désormais devant les écrans. Ils fument plus qu’avant, surtout les filles, et touchent à leur première cigarette dès 11 ans. Leur alimentation est plus riche en graisses, en sucres et parfois en alcool, qu’avant. Autant de facteurs favori­sant l’obésité infantile et le diabète. Si on n’y prend garde, dans vingt à trente ans, la proportion des maladies cardiovasculaires risque d’exploser !
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Comment résoudre ce problème de santé publique ?
Il ne s’agit pas d’interdire mais plutôt d’insister sur le côté positif d’une activité physique quotidienne et d’une vie libre sans tabac. Il faut également que la société favorise cette activité, à travers l’urba­nisme et la création de sentiers piétons et des pistes de vélo autonomes. C’est toute une politique à penser pour le futur.

Les campagnes de prévention sont-elles efficaces ?
Oui, sur le long terme, même s’il est toujours délicat de modifier les comportements. Pour les enfants, cela passe avant tout par les parents et par l’école. Un plan national de prévention par l’activité physique ou sportive a été remis au ministère de la Santé en octobre. Il est en cours de discussion, mais il prévoit de rendre le sport accessible à tous. On espère que ce sera le cas.

 

 

Source : Alexandra Bogaerd - 30/03/09 - Métro

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:26

internet.jpgL'association Fréquence écoles et des chercheuses lyonnaises ont mené une enquête auprès d'un millier de jeunes de la région, âgés de 8 à 17 ans. Les résultats sont dévoilés ce soir.

Pourquoi cette enquête ?

La plupart des parents s'inquiètent de savoir ce que font leurs enfants sur l'ordinateur. Le sujet a donc déjà suscité plusieurs études. Ici, la méthode change. Les deux chercheuses (1) qui ont dirigé l'enquête ont, dans un premier temps, rencontré une cinquantaine de jeunes, âgés de 8 à 17 ans, à leur domicile. Elles les ont questionnés sur leurs usages précis et ont aussi interrogé leurs parents sur leurs propres connaissances de l'outil et les interdictions posées.

 

Que font les jeunes ?

Ils regardent des vidéos et écoutent de la musique (91,1 % d'entre eux pour les deux activités). Ils jouent (82,3 %), font des recherches pour eux-mêmes (78,1 %), discutent (74,9 %)... et font des recherches pour l'école (74,4 %). Globalement, les enfants passent davantage de temps sur les jeux que les adolescents. Ils vont sur de nombreux sites (l'enquête recense 340 sites préférés). Facebook, Youtube et MSN constituent le trio de tête.

 

Comment surfent-ils ?

Seuls pour la plupart. Seulement 4 % d'entre eux sont toujours en compagnie de quelqu'un lorsqu'ils vont sur Internet.

Les enfants et les adolescents se connectent cependant majoritairement dans une pièce commune tandis que les lycéens surfent plus souvent dans leur chambre.

 

Victimes de l'écran ?

L'analyse de l'enquête estime que les consommateurs frénétiques sont peu nombreux. Ce propos s'appuie sur le petit pourcentage (4,3 %) de jeunes qui se consacrent souvent plus de 8 heures par jour à cette activité. Il faut cependant noter que 7,6 % des enfants et adolescents déclarent aussi qu'ils passent souvent entre 4 à 8 heures par jour sur leur écran. Et 21 % entre 2 heures et 4 heures. Au final plus d'un jeune Rhônalpin sur dix est souvent « scotché » plus de quatre heures par jour et un tiers plus de deux heures. Environ 15 % déclarent qu'ils n'y passent jamais moins d'une heure quotidiennement.

 

Les jeunes ont-ils conscience des menaces ?

Oui, si on en croit la petite proportion (3,5 %) de ceux qui affirment qu'il n'y a aucun danger sur le Net.

Plus ils grandissent et plus ils formulent des risques. Près de la moitié d'entre eux cite en premier la « mauvaise rencontre ». Derrière les bugs, virus, spams, ils citent ensuite les contenus violents ou reservés aux adultes.

 

S'en protègent-ils ?

Non. Environ quatre jeunes sur cinq ont déjà laissé des informations personnelles sur Internet. Les informations le plus souvent communiquées sont leur adresse mail, leur date de naissance, leur photo, leurs loisirs. L'enquête précise que plus de deux jeunes sur trois s'abstiennent de nouer des contacts avec des inconnus, ce qui signifie donc que près d'un tiers le fait...

 

Rencontrent-ils souvent des expériences fâcheuses ?

À ce propos, près de 8 % a déjà reçu une proposition de rendez-vous de la part d'un inconnu. Parmi les autres expériences fâcheuses, un quart a déjà visionné des images ou des films pornographiques, un cinquième des images ou des films violents. Environ 15 % a déjà utilisé des photos sans accords préalables et/ou reçu des insultes, méchancetés ou menaces et /ou fait l'expérience d'une usurpation d'identité.

 

Source : Muriel Florin - le 31.03.2010 - Le Progrès

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:07

Christophe Humann est conseiller technique (nouveaux médias et protection de l'enfance) auprès de famillesdefrance.asso.fr. Il juge qu'Internet est un média dangereux.

De par sa structure et sa configuration technique, Internet n'obéit à aucune loi spécifique. C'est un média sans frontières capable du meilleur comme du pire. Le manque de régulation ou de contrôle fait de lui un outil aux conséquences très dangereuses pour les libertés individuelles ou collectives. Les craintes actuelles sont justifiées. (...) Si nous pouvons oser une comparaison, les systèmes de filtrages en vente dans le commerce ou installés par les fournisseurs de services sont semblables aux préservatifs: c'est ce qu'on fait de mieux mais ce n'est pas sûr à 100%. La raison vient du fait qu'un certain nombre de sociétés trouvent assez vite les parades. En l'état actuel, rien ne vaut la présence des parents aux côtés des enfants lorsqu'ils surfent sur Internet. Nous estimons qu'il ne faut pas laisser les enfants surfer tout seuls car nous avons constaté une explosion dans le domaine de la pornographie. Les mineurs peuvent accéder à des sites qui font l'apologie de la pornographie, de la violence ou de la haine raciale, voire qui fournissent des modes d'emploi pour fabriqdyn006_original_465_310_pjpeg_12527_7a80fc3cd6ba4f9d4cb1fbf.jpguer des engins explosifs. Les sites aux contenus illicites ne lésinent pas sur les moyens pour attirer les mineurs et les adolescents. Nous ne pouvons tolérer que les enfants soient victimes de ces comportements. (...) Aujourd'hui, la technique ne peut pas protéger les enfants. Certains sites pornographiques contournent les mots clés classiques par un recours à des mots clés complètement anodins. Ils s'arrangent pour que leurs sites utilisent des «metanames», ces mots que l'on ne voit pas mais qui permettent de référencer le site sur les moteurs de recherche. Avec des mots comme zoo ou chien, on arrive directement sur des sites zoophiles qui affichent de plus leur gamme d'images dès la page d'accueil pour appâter le chaland. Ce genre de procédé peut engendrer des traumatismes chez les enfants qui tombent sur ces affreuses images. Aujourd'hui la technique n'a pas de réponse. Les logiciels de filtrage sont connus et détournés par les sites pornographiques et autres. (...) En termes de protection de l'enfance, les parents sont confrontés à plusieurs problèmes. Il y a d'abord un problème d'ordre comportemental général car l'enfant évolue dans une réalité virtuelle qui peut l'entraîner dans un autisme vis-à-vis de la société. Deuxième problème: le souci de protéger les enfants et les adolescents contre des dérives de l'Internet quant à la prolifération de la pornographie, de la violence et de la haine raciale. Nous pensons qu'en l'absence d'un code de bonne conduite et de lois spécifiques, ce sont les parents qui doivent être le moteur de la protection de leurs enfants.» En collaboration avec Powow.net

 

Source :  / Information traitée dans Stratégies Magazine n°1165 - 27/10/2000 - AI
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:01

Les 8-12 ans ne sont ni des petits enfants ni tout à fait des « jeunes ». Ils recommandent certains achats à leurs parents, dépensent leur propre argent et ont quasiment droit de vie et de mort sur les marques. Enquête chez ces drôles de consommateurs.

 

 

Éparpillés entre les classes de CE2 et de sixième, les huit à douze ans souffrent du syndrome de l'entre-deux. Trop grands pour l'enfance, trop petits pour l'adolescence. Ces garçons et filles longtemps négligés par les annonceurs ou englobés dans des cibles plus larges montrent cependant peu à peu leur vrai visage.« C'est un marché qui se développe beaucoup »,explique Pascale Levêque, directrice d'études au pôle famille d'Interdeco Expert, la régie presse filiale d'Hachette Filipacchi Médias. Les grandes marques, alimentaires ou vestimentaires notamment, ont en effet tourné leur regard vers ces quelque trois millions d'individus dans l'Hexagone qui commencent à découvrir et à s'attacher aux marques. Un sacré gisement de chiffre d'affaires.

 

 

Le temps est loin où les parents imposaient à leurs enfants les vêtements de leur choix, pull de laine et velours côtelé. Les livraisons successives de l'étude Espace 7-12, commune à Disney Hachette Presse et Bayard Jeunesse, sur la base des chiffres899352968_small.jpg de Consojunior 2004 (1), constatent, l'une après l'autre, le renforcement de leur pouvoir. Dans la dernière édition, datée de mai 2004, ils sont 83 % à participer au choix de leurs bandes dessinées (+ 3 points), 71 % à placer dans le chariot des parents leurs glaces préférées (+ 3 points), 65 % à imposer leurs jeux de console favoris (+ 3 points), 51 % à désigner leurs jeux sur ordinateur (+6 points). Encore ne s'agit-il que des principales hausses. Ces charmants bambins ont d'ores et déjà un droit de vie et de mort sur des secteurs d'activité entiers. Au pays de l'enfant-roi, ils sont 80 % à influencer, d'une manière ou d'une autre, le choix de leurs vêtements, 76 % à peser sur les achats de céréales ou de confiseries, autant à décider de l'allure de leurs chaussures de sport. Ils sont encore 65 % à choisir leurs produits laitiers préférés, jusqu'aux gels douche ou aux boissons chaudes, qu'ils sont respectivement 45 % et 41 % à « recommander » plus ou moins fermement à l'heure des courses. Les cadeaux n'échappent pas à la règle.« Un jouet ou un jeu offerts constituent rarement une surprise »,remarque Anne Monnier, directrice des études quantitatives de Millward Brown France.

 

Entre autonomie et dépendance

 

Leur pouvoir ne s'arrête pas à leur capacité d'influence. Ces consommateurs en culotte courte disposent eux aussi d'un pouvoir d'achat, inférieur certes à leurs aînés, mais bien réel. Ils ne sont que 22 % à ne jamais recevoir d'argent de poche, selon Millward Brown (lire tableau ci-dessous). Pour ceux qui en perçoivent régulièrement, la somme moyenne s'établit à 10,40 euros par mois, indique Interdeco. Cet argent, ils le destinent de moins en moins à leur tirelire : leur taux de placement est tombé de 70 % en 2000 à 62 % en 2004. Rien d'anecdotique pour les annonceurs, qui s'attachent à saisir les traits de comportement de ces clients pas comme les autres, entre autonomie et dépendance.« Ils sont encore dans l'harmonie familiale, loin des conflits, mais cherchent à apprendre la liberté »,explique Pascale Levêque. À huit ans, 21 % préfèrent jouer avec leurs amis qu'avec leur fratrie, selon l'étude WebClub de Millward Brown, contre 50 % pour ceux âgés de 12 ans. La préférence pour les jeux partagés avec les frères et soeurs évolue, elle, dans le sens inverse.« L'entourage social devient très important à partir de dix ans, véritable âge charnière,précise Anne Monnier.Les amis occupent peut-être le rôle dévolu autrefois à la mère, moins présente aujourd'hui. C'est avec eux qu'ils se construisent. Le mimétisme de l'adolescence commence là. »Dans ce lien avec les amis, le téléphone portable, loin de retirer l'envie de se voir, le renforce.

   

« Des produits et marques vite acceptés, vite rejetés »

   

Outre la famille, l'annonceur doit donc tenir compte du bouche à oreille, largement pratiqué dans les cours de récréation. Un phénomène crucial chez les jeunes consommateurs, frottés aux marques qu'ils s'approprient au point de parler d'une Barbie ou d'une XBox pour désigner la poupée ou le jeu vidéo correspondants.« Les enfants sont plus radicaux que les adultes. Produits et marques sont vite acceptés et vite rejetés »,précise Anne Monnier. Enfin, en résonance avec les débats en cours sur la mixité à l'école, l'annonceur doit savoir parler différemment aux garçons, plus tournés vers l'action et la technologie, et aux filles, davantage inspirées par l'intime et l'imaginaire, assurent les deux spécialistes des études.« Ce qui est très frappant, c'est la constante des modèles de vie de cette tranche d'âge,résume Anne Monnier.Ils veulent tous être riches et célèbres. J'y vois la marque de modèles médiatiques forts : chanteurs, sportifs. Ce phénomène, connu de longue date pour les adolescents, prend désormais sa source plus tôt. »LaStar Academy,le phénomène Laurie et autres fabrications du petit écran sont passés par là.

   

 

L'émergence de l'ordinateur

 

Pour toucher cette population surexposée aux médias, la publicité télévisée joue évidemment un rôle important. Pour Interdeco, ils sont 76 % à regarder la télévision. Selon Millward Brown, 68 % des enfants découvrent les nouveaux jeux ou jouets par l'intermédiaire du petit écran. «La télévision reste un passe-temps formidable et très distractif, mais elle baisse,affirme Pascale Levêque.Un tiers des enfants interrogés disent la regarder moins. Pour la première fois cette année, ils ont désigné l'ordinateur comme leur activité préférée. »Un peu plus de 70 % écoutent régulièrement la radio, essentiellement pour la musique, alors que le cinéma (à 18 %, + 7 points) tire son épingle du jeu. Enfin, 42 % s'adonnent à la lecture de magazines. À en croire l'enquête Consojunior, les 8-12 ans lisent d'ailleurs de plus en plus, mais davantage de livres et de bandes dessinées (en hausse de 8%) que de magazines (+3%). Il est vrai qu'ils ne manquent guère de journaux réalisés pour eux. Ce sont quarante-six parutions qui ont vu le jour en 2003, par exemple, et près d'un enfant sur deux aurait souscrit un abonnement dans l'année écoulée. Pour Interdeco, qui commercialise, il est vrai, l'essentiel des titres de jeunesse, la presse jeune touche pas moins de 88 % des 8 à 12 ans, chacun d'eux lisant en moyenne cinq titres différents par an. Et on dit qu'ils ne savent plus lire ?

 

 

(1) Consojunior 2004, TNS Sofres.

 

Source : Information traitée dans Stratégies Magazine n°1355 -AI - 2005

 

  

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 13:35

Les jeunes et les médias en France - L'état de l'enfance

 

 

Les médias restent l'objet de préjugés défavorables tenaces, et probablement d'autant plus tenaces qu'ils sont non avérés : ils rendraient les jeunes passifs, et en même temps violents, entraveraie390283030 Lnt la réussite scolaire, etc. Qu'en est-il réellement ?

Les évolutions des équipements et des usages S'effectuent avec des célérités déjouant bien souvent tous les

pronostics. Quelle place occupent les médias, dans la vie des jeunes, en général ou selon le sexe, l'âge et les catégories sociales ? Quelle est leur influence sur la jeunesse ? La connaissance sociologique des usages des différents médias ne doit-elle pas être approfondie ? La recherche conduite est-elle suffisante et suffisamment diffusée ?

L'école et les médias ont des fonctions différentes, mais complémentaires ; et dans l'école, les médias sont incontournables. Quelle place occupent-ils dans l'enseignement ? L'opposition entre médias et école a-t-elle sens ? L'échec relatif des technologies de l'information et de la communication en éducation peut-il être imputé aux seules machines ? Ne faut-il pas repenser les modèles de transmission des savoirs et la formation des enseignants ?

 

 

 

Source : Gabriel Langouet - " Les jeunes et les médias en France - L'éat de l'enfance" Editeur : Hachette - 2000

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 13:15

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Réduire le temps passé devant l'écran permet de diminuer le surpoids chez des enfants de 4 à 7 ans, selon une étude nord-américaine.

La télévision, les jeux vidéo, la prise fréquente de boissons sucrées et d'aliments hypercaloriques sont les grands pourvoyeurs de surpoids, voire d'obésité chez l'enfant. Une nouvelle étude nord-américaine publiée ce mois-ci dans les Archives de pédiatrie (qui dépendent du Journal of the American Medical Association) sur des moins de 7 ans enfonce le clou. Elle démontre qu'il est possible d'inverser la tendance grâce à un appareil de surveillance qui limite l'accès à l'écran. Et donc au bombardement publicitaire qui va de pair.

Leonard Epstein et son équipe de Buffalo, de l'université de l'État de New York, ont mené une expérimentation durant deux ans sur 70 kids de 4 à 7 ans déjà en surpoids qui «consommaient» de la télévision ou se plongeaient dans un jeu vidéo au moins 14 heures par semaine à la maison. Ils ont proposé à leur famille de mettre en place un appareil de surveillance destiné à réduire l'accès à l'écran avec un code d'accès électronique pour chaque personne du foyer. Les chercheurs ont séparé les enfants en deux groupes, l'un sans aucune limite, l'autre avec une diminution progressive de l'exposition, leur code d'accès leur interdisant de la dépasser.

 

«Une stratégie innovante»

 

Chaque semaine, dans le second groupe, le temps autorisé était réduit de 10 % pour finalement obtenir une baisse de moitié des heures passées assis ou couché devant l'écran, assortie d'encouragements pour s'y plier sans rechigner (contrat d'objectif voire petites récompenses financières). À l'issue de ces deux ans de suivi, les bambins astreints à cette «diète» ont réussi à réduire leur temps passé devant l'écran de 17,5 heures par semaine contre seulement 5,2 heures de réduction pour le groupe contrôle. Et dans le même temps, le poids ou plus précisément l'indice de masse corporelle des bambins sevrés de télé a considérablement chuté contrairement à celui des gavés d'écran. Des changements imputables plus à une diminution des apports énergétiques qu'à une augmentation de l'activité physique.

«Le fait d'avoir recours à un tel système permet de donner aux enfants le contrôle sur le moment où ils vont regarder la télévision plutôt que la classique injonction parentale “Pas de télé tant que le travail n'est pas terminé”», suggèrent les auteurs de cette étude. «Une stratégie innovante dont les parents et les éducateurs devraient s'inspirer pour limiter la durée de cette addiction chez les enfants et les adolescents», analyse dans un éditorial associé Steven Gortmaker, de l'École de santé publique de Harvard à Boston.

Une autre étude américaine datée de 2006 était encore plus explicite. Chaque heure passée devant la fée télévisuelle augmente la quantité de calories ingérées par des enfants de 12 ans : 167 calories pour chaque heure de passivité télévisuelle. Et l'an dernier, le Dr Tim Lobstein, coordinateur du programme de lutte contre l'obésité infantile, mettait en cause lui aussi les publicités télévisuelles sur des friandises ou la junk food. «En Grande-Bretagne, un enfant passe plus de temps à regarder la télé qu'à aller à l'école, lançait-t-il. Tant et si bien qu'à raison d'une pub toutes les trente minutes un petit Britannique aura absorbé 77 000 messages de ce type avant l'âge de 18 ans.» Pour enrayer cette spirale infernale, Suédois et Québécois ont interdit ce type de message dans les émissions enfantines. En France, on s'est contenté d'inscrire un avertissement en caractères minuscules, sous les pubs…

Source : Le Figaro.fr -
Catherine Petitnicolas
03/03/2008

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 13:07

 

Jean-Léon Beauvois, chercheur en psychologie sociale, a été l’un des maîtres d’œuvre scientifiques de l’adaptation de l’expérience de Milgram pour Le Jeu de la mort.

 


Que disent sur l’homme l’expérience de Milgram et sa transposition dans Le Jeu de la mort?

Qu’il faut éliminer deux idées. D’abord, que les gens sont sadiques, c’est-à-dire qu’on peut expliquer le mal qu’ils font à autrui par leur personnalité, car ils s’abstientelevision46176wv_1199125542.jpgnent lorsqu’ils n’ont plus de donneur d’ordres sur le dos. Ensuite, que les gens naissent obéissants. En effet, dès lors que l’autorité n’est plus consistante, ils n’obéissent plus.


Pourquoi est-on obéissantou désobéissant?

Il existe des situations dans lesquelles les gens sont amenés à une obéissance extrême. Ça ne rime donc à rien de fantasmer sur ce que sont les désobéissants; certains pourraient aussi bien obéir le lendemain. L’expérience Milgram et la nôtre démontrent que des gens normaux peuvent faire des choses immondes dans des situations particulières.
 

Le plateau télé ne fausse-t-il pas l’expérience?
Ça fait partie du dispositif. Lorsque les gens obéissent, ils s’appuient sur des modèles, cela fait partie du principe d’obéissance. Nous, psychologues sociaux, sommes convaincus que la plupart des choses que font les gens se font sur un registre qui n’est pas celui de la conscience. Si les gens vous disent, voilà pourquoi j’ai obéi ou désobéi, c’est une rationalisation de leur comportement.


La télé semble, avec ce Jeu de la mort, détenir une autorité supérieure à celle de la science?

Nous savons depuis au moins soixante ans que la télé a de l’influence. Ce que l’on ignorait, c’était qu’elle puisse doter ses agents d’un pouvoir prescriptif. D’où sort ce pouvoir? La télé est en vous, dans les fibres sociales. Dans la télé-réalité, ce qui devrait être considéré comme de l’irréel devient de la matière à vivre. Il ne s’agit plus de légitimité, mais d’un autre processus dans lequel les gens acquièrent une potentialité d’obéissance. Ils sont dans une sorte d’allégeance.


Qui les empêcherait d’exercer leur libre arbitre?

Je préfère parler de l’illusion de liberté. La déclaration de liberté, quand on dit aux "sujets" qu’ils sont libres d’envoyer ou non des décharges, n’affecte pas les comportements. Par contre, elle introduit deux processus qui justifient l’acte: la rationalisation – "j’ai bien fait de faire ce que j’ai fait"– et l’internalisation, le pire – "c’est dans ma nature de le faire". Cette illusion de liberté prédispose à l’obéissance. Et la notion de liberté est certainement la valeur la plus marchande à la télé.

Source :

Jean-Luc Bertet - Le Journal du Dimanche

Samedi 13 Mars 2010

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 21:37

L'intégralité du débat avec Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, auteur du livre "Les Dangers de la télé pour les bébés", vendredi 20 novembre.

Paul : Quelles sont les conséquences physiologiques d'une exposition d'un enfant de moins de trois ans devant la télé ?

Serge Tisseron : Aujourd'hui, les conséquences physiologiques d'une consommation de télévision chez l'enfant de moins de 3 ans ne sont pas mesurées. En revanche, plusiarton1152-35750.jpgeurs études américaines montrent que la télévision chez l'enfant de moins de 3 ans ne favorise pas le développement et même peut le ralentir.

Papiluc : Choisir d'interdire est-ce partir sur de bonnes bases ?

Serge Tisseron : Il faut bien distinguer ce qui se passe avant 3 ans et ce qui se passe après 3 ans. Avant 3 ans, les seules interactions dont l'enfant profite sont les interactions en vis-à-vis avec un autre humain ou avec les jouets qu'il manipule. La télévision n'apporte rien à l'enfant parce qu'elle n'est jamais interactive.

En revanche, après 3 ans, le problème est plus de cadrer la durée d'écran à une heure ou une heure et demie par jour ; d'inviter l'enfant à choisir les programmes qu'il a vraiment envie de voir ; et l'inviter à parler de ce qu'il voit pour créer des interactions autour de ce qu'il a regardé.


Françoise : Quelle durée d'exposition préconisez-vous à partir de trois ans ? Est-ce différent selon les âges ?

Serge Tisseron : Entre 3 et 5 ans, un enfant ne bénéficie pas d'une consommation d'écran au-delà d'une heure ou une heure et demie. Son attention ne peut pas être maintenue si longtemps.

A partir de 6 ans, deux heures par jour sont bien suffisantes. Mais n'oublions pas qu'il s'agit de temps d'écran qui doit prendre en compte le temps de télévision et le temps de console de jeux. Si un enfant a deux heures d'écran par jour, il peut regarder deux heures la télévision ou bien jouer deux heures aux jeux vidéo, mais il faut évidemment éviter qu'il ait quatre heures en tout.

Il faut donc passer un contrat avec l'enfant qui précise son temps d'écran et lui laisser l'aménager comme il veut dans la journée et en fonction des supports. C'est une manière de l'inviter à choisir et à exercer sa liberté.


Amandine : La télévision chez l'enfant de moins de 3 ans ne favorise pas le développement quand c'est à haute dose. Mais la regarder comme on fait une autre activité est-ce vraiment problématique ?

Serge Tisseron : Il existe deux types d'études sur les conséquences de la télévision chez le jeune enfant. Les premières montrent que l'enfant qui regarde la télévision développe plus lentement l'acquisition du langage ; et les secondes montrent qu'un bébé qui joue dans une pièce où un téléviseur est allumé a des périodes de jeu moins longues. Or, la durée des jeux spontanés d'un bébé est le meilleur indicateur de son développement futur. C'est pourquoi les chercheurs déconseillent même actuellement de faire jouer un bébé dans une pièce où un téléviseur est allumé.


Greg : J'ai une fille de 14 mois et il nous arrive de lui faire regarder "Bébé Einstein" de Disney. Elle semble hypnotisée pas ce genre de DVD. Quels sont pour vous les dangers de ce genre de DVD éducatif ?

Serge Tisseron : Il y a quelques mois, un parent américain a porté plainte contre le fabricant de ce DVD "Baby Einstein" parce qu'il avait lu dans des journaux que des chercheurs américains avaient montré que ce genre de DVD retarde les acquisitions. Le procès a été jugé. Les partisans et les défenseurs de ce DVD ont été entendus. Et le jugement a été sans appel : les fabricants de "Baby Einstein" ont été condamnés pour publicité mensongère et sont actuellement obligés de rembourser le prix du DVD, c'est-à-dire 17 dollars, à tous les parents américains qui en font la demande.

Digne : Quelle est l'alternative si on décide d'interdire l'enfant de moins de 3 ans de télé ?

Serge Tisseron : Demandez à votre grand-mère ! Un bébé de moins de 3 ans peut jouer tout seul en présence d'un adulte qui fait autre chose à condition que cet adulte prenne tous les jours un petit moment pour accompagner le jeu du bébé et le renforcer.


Helene : Regarder la télé favorise-t-il le syndrome d'hyperactivité chez les enfants ?

Serge Tisseron : Ce qu'on appelle le syndrome d'hyperactivité est quelque chose de très précis et aucun lien avec la consommation de télévision n'a été démontré à ce jour. En revanche, il est certain que la consommation de télévision excite l'enfant sans jamais le calmer et peut donc provoquer des troubles de la concentration et de l'attention dans les moments qui suivent. C'est pour cela qu'il vaudrait mieux qu'un enfant ne regarde pas la télévision le matin avant d'aller à l'école et le soir, juste avant de se coucher.


Aline : J'ai 20 ans et j'ai grandi sans la télé... Mais avec une souris au bout de la main, j'ai très tôt appris à utiliser un ordinateur (avec des logiciels comme Adibou, etc.). Que pensez vous des ordinateurs ? Est ce aussi mauvais que la télévision ?

Serge Tisseron : Le slogan "pas d'écran avant 3 ans" ne concerne pas seulement la télévision mais toutes les formes d'écran. Bien sûr, un enfant peut bénéficier d'un accompagnement exceptionnel dans sa découverte de DVD ou de jeux sur ordinateur, mais c'est l'exception. La règle est qu'il vaut mieux éviter les écrans d'ordinateurs avant 3 ans autant que l'écran de télévision.

L'avantage de l'ordinateur est d'être interactif, mais son inconvénient est qu'il oblige l'enfant à suivre des modifications sur un écran vertical alors que sa main se déplace sur un plan horizontal. Très souvent, le bébé regarde sa main ou bien il regarde l'écran, mais la plupart des jeunes enfants n'arrivent pas à faire le lien entre les deux. Et c'est normal pour la plupart d'entre eux.

Il vaut donc mieux éviter de proposer cette activité aux jeunes enfants : elle n'est pas adaptée à leur développement pour la plupart et les parents des enfants qui n'y arrivent pas risqueraient de s'inquiéter inutilement.


Marie : Le problème est-il le même si l'enfant regarde des dessins animés sur écran d'ordinateur ?

Serge Tisseron : Avant l'âge de 3 ans, il n'existe aucune différence dans les réactions d'un enfant quels que soient les programmes qu'on lui présente. A partir de 3 ans, l'enfant commence à repérer des petites séquences narratives dans les programmes qu'il regarde et il vaut donc mieux qu'il ait quelques DVD à sa disposition plutôt que de regarder la télévision. Il peut ainsi choisir le dessin animé qu'il a envie de regarder et, en le visionnant plusieurs fois, il peut comprendre petit à petit le scénario. Les parents peuvent également, si l'enfant regarde des DVD, parler plus facilement avec lui de ce qu'il regarde, puisqu'ils peuvent les regarder eux aussi.

Algue : Comment les bébés perçoivent-ils la télévision ? Peuvent-ils "comprendre" certains contenus ?

Serge Tisseron : Nous n'avons pas aujourd'hui une image précise de la façon dont les bébés voient les images, ni même le monde environnant. Il est certain, en revanche, que la plupart des objets représentés sur les écrans ne signifient rien pour eux. Il est clair aussi qu'ils ne perçoivent pas les enchaînements narratifs. Mais ils sont très sensibles aux variations de lumière, de couleurs et de plan : ils peuvent d'ailleurs être effrayés par un changement brutal de plan qu'un adulte ne remarque même pas. Lorsque l'on met un bébé devant un écran, on observe deux choses : tout d'abord ceux qui ne s'écartent pas pour faire autre chose sont fascinés et ils essaient de répéter les actions qu'ils voient accomplies sur l'écran. Mais ces deux attitudes correspondent à ce qui se passe quand un enfant est avec un adulte qui s'occupe de lui. Et la différence, c'est que là, l'imitation correspond à un apprentissage réel parce qu'elle est en situation. L'imitation par un bébé de ce qu'il voit sur l'écran est complètement coupée de sa vie réelle et ne peut que brouiller ses repères.

Guest : Ma voisine rend la télé responsable de la dyslexie de sa fille de 9 ans. Petite, elle serait trop restée devant la TV à cause de graves problèmes de santé de la mère. Pouvez-vous confirmer un tel effet à long terme, suite à une exposition prolongée et trop précoce ?

Serge Tisseron : Aucune recherche ne démontre à ce jour un lien entre la dyslexie et l'exposition à la télévision. En fait, la seule chose que nous savons, c'est que l'exposition à la télévision retarde le développement du bébé ; et probablement, elle peut majorer des difficultés qui existaient par ailleurs, mais qu'elle n'a pas produites. C'est pour cela qu'il n'existe pas un symptôme précis qu'on pourrait appeler "symptôme de l'exposition excessive à la télévision". Mais, comme elle gêne le développement, elle peut probablement aggraver tous les troubles qu'un enfant peut présenter : troubles du sommeil, troubles de la concentration, troubles de l'attention, troubles de la prononciation...

François : Peut-on relier visionnage précoce de la télé et dépendance aux écrans de certains jeunes (notamment pour les jeux vidéo) ?

Serge Tisseron : Le problème de la télévision et des enfants, c'est qu'il est facile de la mettre en route, mais très souvent difficile de l'éteindre. L'enfant exposé à la télévision vit en effet des sensations et des émotions très intenses qu'il n'arrive pas à "digérer" et il ne cesse pas d'attendre que la télévision l'apaise enfin, mais cela n'arrive évidemment jamais.

Du coup, l'enfant qui prend l'habitude de regarder la télévision risque de vouloir la regarder toujours plus en attendant d'elle qu'elle lui permette de "digérer" enfin tout ce qu'elle produit d'intense en lui. Et de ce fait, cet enfant a évidemment de moins en moins de temps pour jouer.

Or, c'est en jouant qu'il aurait la possibilité de prendre du recul par rapport à ce qu'il a éprouvé en regardant la télévision. Le risque est donc que l'enfant continue à chercher toujours plus du côté des écrans et se détourne non seulement de ses jeux solitaires mais aussi des jeux collectifs à partager avec des camarades.

Et l'enfant qui ne sait pas jouer risque donc de se tourner très vite vers les écrans de jeux vidéo : là, il a l'impression au moins de pouvoir maîtriser dans l'interaction les excitations qu'il éprouve. C'est comme la télé du point de vue des excitations, mais c'est différent parce qu'il peut les réguler à son gré. C'est comme ça qu'un gros consommateur de télévision risque de devenir un gros consommateur de jeux vidéo.

C'est pourquoi, je dis toujours que la prévention des écrans excessifs à l'adolescence commence à la maternelle.


Toulouse : Nous montrons à notre fils de 22 mois qui nous le réclame deux petits dessins animés de 5 minutes Tchoupi avec des animaux et le commentons avec lui. Pensez-vous que cela soit nuisible pour lui ?

Serge Tisseron : Tel que vous le décrivez, non pas du tout. Le slogan "pas d'écran avant 3 ans" a pour but de mettre en garde les parents contre le danger de laisser un enfant devant un écran en croyant que cela lui fait du bien. Quand vous êtes avec votre enfant devant Tchoupi pendant dix minutes, c'est vous que votre enfant réclame parce qu'il a bien vu que vous êtes content d'être là avec lui. C'est vous qui êtes important dans le plaisir que vous prenez à ce moment et ce n'est pas Tchoupi.

Mais beaucoup d'autres parents développent de tels moments privilégiés autour d'un livre d'images ou d'un jeu de balles. L'important, ce n'est pas le support, c'est le plaisir de l'adulte et son interactivité avec le bébé.


Thomas : Au niveau social, la télévision n'accentue-t-elle pas la timidité et ne freine-t-elle pas la communication avec autrui ?

Serge Tisseron : La télévision fait partie des nouveaux médias dont la caractéristique est d'être définie par leur usage. Tout comme l'ordinateur, la télévision peut permettre d'être ensemble comme on le voit aujourd'hui pour les supporteurs des matches qui se réunissent autour du poste.

Mais la télévision peut aussi être utilisée comme prétexte pour ne plus sortir de chez soi, voire pour ne plus communiquer avec sa famille si l'on décide de la regarder tout seul dans sa chambre. C'est pourquoi le CSA fait aussi campagne autour du slogan : "La télé, c'est mieux quand on en parle." Je dirai même plus, la télé c'est pas ce qu'on regarde, c'est ce dont on parle. Souvent, en famille, on ne sait pas quoi se raconter. Dès qu'on commence à parler de ce que l'on voit à la télévision, on ne s'ennuie plus !



Martine Laronche - LEMONDE.FR | 17.11.09

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 21:29

Scotchés devant le poste dès le retour de l’école, ils ne l’abandonnent qu’après quelques cris et grincements de dents. Permission, répression ? Souvent, nous ne savons quelle position adopter.

Les 12 pistes du pédopsychiatre Claude Allard

Claude Allard est l'auteur de L’Enfant au siècle des images.

1 Pourquoi les enfants sont-ils fascinés par la télévision 
Les images offrent aux enfants un moment de "déréalisation". Avec la télévision, ce phénomène est renforcé. Au cinéma, il y a un début, un déroulement, une fin. Et aller voir un film s’accompagne d’un rituel : salle sombre, écran géant, présence d’autres spectateurs… Les enfants sont conscients de vivre un moment extérieur à eux, limité dans le temps et dans l’espace. Autant de conditions absentes quand ils se retrouvent face au flux continu d’images disparates diffusées par la télé. La prise de distance devient plus difficile et la fascination en est renforcée.

2 Quels effets produisent sur eux les images ?
Avant 3-4 ans, ils sont surtout fascinés par tout ce qui est de l’ordre de l’action et du mouvement dans l’image. Ils sont pris par le rêve éveillé qu’ils regardent, qui leur demandent un effort d’attention. Mais s’ils développent leur sens visuel, c’est au détriment de leurs autres sens, de leurs capacités psychomotrices notamment. Entre 4 et 7 ans, c’est l’identificationNos-enfants-et-la-tele-quelles-emissions-et-a-quelle-dose_i.jpg qui prévaut. Ayant encore du mal à distinguer réalité et imaginaire, ils s’identifieront à certains personnages en fonction de leurs fantasmes. Après 7 ans, ils peuvent comparer les images proposées et la réalité. Ils ont acquis les notions de temps et d’espace, qui les rendent aptes à développer leur esprit critique. Ils peuvent choisir leurs programmes et personnages fictifs favoris et s’imposer des pauses.

Ces capacités sont tout à fait acquises vers 10-11 ans. A cet âge, un peu blasés par la télé, ils s’en détourneront au profit des jeux vidéo. Le contenu des images prendra plus d’importance. Dans un jeu d’identification plus ou moins conscient, les enfants préféreront des personnages qui flattent leur ego : héros à la toute-puissance phallique pour les garçons, stars alimentant le désir de séduction pour les filles… C’est surtout à cet âge que les parents doivent s’interroger sur le choix des programmes.

3 A quel âge peuvent-ils regarder seuls le petit écran ?
La "télévision baby-sitter" est à proscrire pour les raisons mentionnées précédemment. A partir de 7 ans, les enfants peuvent regarder seuls la télévision. Mais, être parent, c’est d’abord les guider dans leurs choix et les aider à décrypter les phénomènes. La télévision ne doit surtout pas échapper à cette règle. Surtout auprès des moins de 7-8 ans, incapables de s’imposer seuls une limite.

4 Comment leur fixer un “quota télé” ?
Les parents doivent, très tôt, imposer des règles strictes. C’est à eux – et non aux enfants – de fixer un "quota télé". Déterminé pour la semaine, par exemple, il peut varier, mais toujours sur décision parentale. Quand les enfants sont en âge de choisir leurs programmes, fixer ce quota avec eux est une méthode efficace pour les aider à devenir acteurs plutôt que spectateurs passifs.

5 Que faire pour qu’ils respectent ce quota ?
Il est impossible d’être toujours derrière eux. Mais les encadrer dès leur plus jeune âge évite d’avoir ensuite à jouer un rôle strictement répressif favorisant la transgression. Parler très tôt de la télévision évite que l’interdit ne soit considéré comme arbitraire.

6 La télévision dans leur chambre : dangereux ou pas ?
Dangereux, parce que banaliser la télévision, c’est restreindre leurs chances de trouver d’autres occupations plus enrichissantes. La télé ne doit pas être leur seul objet de divertissement.

7 Ils aiment les émissions “idiotes”, que faire ?
Les parents sont en droit d’interdire des programmes. Mais, ce qui est idiot pour les adultes, ne l’est pas forcément pour les enfants. Avant d’interdire un programme, le regarder avec eux les incite à exprimer ce qu’ils apprécient et permet d’expliquer ce qui nous déplaît… Interdire en disant « c’est un programme “débile” » est inefficace. Argumenter, c’est les inviter à faire de même et les aider à se construire leur propre jugement.

8 La télévision le matin avant l’école : à éviter ?
S’ils se sont levés très tôt et que l’on a pris le temps de s’occuper d’eux, pourquoi ne pas les autoriser à la regarder quelques minutes ? C’est davantage un problème avec les tout-petits, qui avalent leurs céréales en regardant la télé et se retrouvent directement dans la salle de classe : les parents ne leur ont pas donné les moyens d’assumer la transition entre vie familiale et vie scolaire. La télévision agit alors comme un écran, empêchant les enfants de réaliser l’absence parentale qu’ils vont vivre pendant la journée. Ce sera donc dans l’après-coup, c’est-à-dire en classe, qu’ils prendront conscience de cette absence et pourront ressentir un manque affectif.

9 La pub, un risque de “crétinisation” ?
Dès l’âge de 3-4 ans, ils reconnaissent jingles publicitaires et logos. Mais ce n’est qu’à partir de 7-8 ans qu’ils en saisissent l’intention persuasive. D’où la nécessité d’en parler avec eux pour qu’ils ne soient pas "victimes de la pub".

10 Les informations : pédagogiques ou anxiogènes ?
Le journal télévisé est, dans la forme et le fond, un programme pour adultes. Et il n’est pas inutile, pour les enfants, d’avoir accès à un discours d’adulte. Mais des images dramatiques peuvent générer des angoisses. L’idéal est d’éviter ce spectacle aux moins de 7-8 ans. Pour les plus grands, il faut qu’un adulte les leur explique, et le format du journal télévisé ne permet pas toujours ce moment d’explication.

11 Comment gérer les scènes d’amour, ou de sexe ?
Le film pornographique exige une maturité affective et sexuelle. La signalétique (interdit aux moins de 16 ans) est donc adaptée. Si les enfants la transgressent, la violence des images sera atténuée parce qu’ils se savent dans l’interdit.
Dans un film tout public, s’ils posent des questions ou sont gênés face à une scène d’amour, c’est l’occasion d’évoquer la sexualité. Si la scène mêle sexualité et violence, il est indispensable d’en parler. Quand ils entendent leurs parents faire l’amour, ils croient parfois qu’ils se battent. D’où le risque de traumatisme lorsqu’ils découvrent ces scènes violentes. L’essentiel est alors de leur dire que faire l’amour, c’est faire plaisir à l’autre.

12 Un frein à la culture ?
Le petit écran renforce le sens du plaisir immédiat et rend plus difficile les efforts nécessaires pour lire, réfléchir, et donc se construire une pensée propre. De plus, la télé empiète sur le temps de jeu, temps essentiel car il aide au développement des fonctions psychomotrices et de la créativité. Les enfants ont besoin d’exprimer leurs représentations imaginaires dans l’action, et la télévision leur propose de recevoir passivement les constructions imaginaires d’autrui.

Alors, définitivement nocive la télé ? « Quand la fiction soumise à l’enfant ne l’empêche pas de faire son “travail d’enfant”, elle ne peut pas être mauvaise », affirmait le psychanalyste anglais Donald W. Winnicott. L’essentiel n’est pas tant ce que l’enfant voit sur le petit écran que ce qu’il en fait. Et c’est aux parents de l’aider à l’utiliser pour son bien. Et à lui apprendre que la télévision peut faire du mal.

Témoignages

Signe des temps, nous avons eu du mal à trouver quatre jeunes qui ne vivent pas le nez collé à l’écran. Récits d’enfances atypiques.

Enzo, 10 ans : « Je la regarde chez maman, pas chez papa »
« Quand je suis chez ma mère, je regarde seulement les infos, avec elle. Ça me permet de savoir ce qui se passe dans le monde, même si, quelquefois, il y a des images qui sont choquantes ; des femmes à moitié nues ou des enfants qui souffrent… Mais, chez mon père – j’y vais tous les mardis et un week-end sur deux –, il n’y a pas la télévision. Ça ne me dérange pas du tout, au contraire. Parce que, à part les infos, les programmes sont débiles. Il y a que des trucs “bébêtes” : de la téléréalité, des jeux… C’est vraiment pas amusant, je trouve. Et puis, devant la télé, on ne fait rien, on est assis, on regarde, et voilà ! Ça m’ennuie.

Mes copains la regardent beaucoup. J’ai un copain, par exemple, il a la télé juste devant son lit et elle est tout le temps allumée. Mais on n’en parle pas trop entre nous, à l’école, de la télé, donc ça ne me dérange pas de ne pas la regarder autant que les autres. Je pense que si la plupart des enfants regardent autant la télé, c’est parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. Moi, je préfère lire, par exemple. Comme mes parents. Je fais de la musique aussi. Sinon, j’adore les activités créatives. Par exemple, les Lego. Je les monte, et ensuite, avec mon père, on les fait bouger et je les filme avec une petite caméra. On fait des photos aussi, et on les assemble pour faire des beaux montages. Puis je fais du sport, avec mon père. Ce soir, par exemple, on va faire du ski nautique ! C’est quand même mieux que de regarder “Loft Story” ou je ne sais pas quoi d’autre !

Plus tard, j’essaierai de ne pas avoir de télé du tout. Les infos, je les lirai dans le journal. Comme ça, j’aurai du temps pour continuer à faire plein d’activités, plein de sport, de la création. On ne s’ennuie jamais quand on n’a pas la télé. »

Pénélope, 10 ans : « Pas de télé en semaine »
« A la maison, il est interdit de regarder la télé en semaine. Alors, le week-end, je la regarde beaucoup. Mes parents n’aiment pas trop : “Tu ferais mieux de lire !” me dit souvent mon père. Parfois je l’écoute… Mais au bout de quelques pages, je rallume la télé ! Je la regarde souvent toute seule, ou avec mes frères. Je connais tous les programmes par cœur. Mais les dessins animés et les comédies, c’est ce que je préfère. Le reste, je ne regarde pas. De toute façon, je n’ai le droit de regarder que ce qui est pour mon âge.

Avec mes copines, on parle souvent de ce qu’on a vu. Elles connaissent plus de films que moi parce qu’elles ont le droit de regarder la télé en semaine. Par rapport aux autres, mes parents sont très stricts. Enfin… Parfois, je réussis à négocier avec maman. Au début, elle ne veut rien entendre. J’insiste et, quelquefois, elle finit par dire : “D’accord, mais pas plus d’une demi-heure.” Pendant trente minutes, je choisis tous les programmes que je veux voir. Après, j’éteins. Je sais qu’il ne faut pas insister.

Pendant les vacances, c’est comme les week-ends : j’ai le droit de regarder tant que je veux. Alors, j’en profite à fond, parce que je sais qu’à la rentrée, je ne pourrai plus. »

Anatole, 6 ans : « J’ai une fausse télé pour les DVD »
« Chez moi, il y a une télé, une fausse, car elle ne sert qu’à lire les DVD. Mais, quand je vais chez ma grand-mère, je regarde la vraie télévision. J’ai même le droit de l’allumer souvent ! Je vois beaucoup de dessins animés que j’adore ! Je déteste la publicité. Elle fait beaucoup de bruit et ça me fait mal aux oreilles.

Ça me plairait beaucoup d’avoir une télévision. Mais je n’ai jamais demandé à papa et maman d’en acheter une. Je ne sais pas pourquoi ils n’en veulent pas à la maison. Si, un jour, ils disent oui, je serai content. J’aimerais bien regarder les “Pokemon” et les “Digimon”. Je les connais parce que mes copains en parlent à l’école. Je ne dis pas à mes copains que je n’ai pas la télé… J’oublie… Des fois, quand je vais jouer chez eux, ils ont le droit de la regarder. Moi, je ne demande jamais, c’est eux ! Mais je suis content.

Si papa et maman ne veulent pas acheter une vraie télé, ce n’est pas grave. Parce que j’aime jouer avec mon ordinateur ou ma toupie. Et parce que j’ai le droit de regarder mes DVD… Quand il pleut seulement. Sauf que papa et maman, eux, regardent des films le soir, quand je suis couché. Quand je serai grand, je ferai pareil ! »

Alexis, 20 ans : « J’ai été élevé sans »
« Mes parents n’ont jamais eu la télé. Mes copains me parlaient d’un monde que je ne connaissais pas. Je regrettais un peu de ne pas pouvoir participer à leurs discussions, mais sans plus. La télé ne m’a pas manqué. Je n’y pensais pas. Mais je me souviens que, quand j’allais chez ma grand-mère, j’étais captivé par le petit écran. Depuis que je vis seul, j’ai fait le choix de m’en passer. Je suis en maths spé et j’ai beaucoup de boulot. J’ai peur de me faire embarquer par la télé et de devenir abruti. Il y a deux ans, pendant quelques mois, j’ai eu un poste à la maison. J’avais tendance à passer mes moments libres ou de fatigue scotché devant. Je me suis rendu compte que je sortais et parlais moins. En fait, je trouve plus sain et plus joyeux de voir des amis, de jouer au foot, d’aller au cinéma, de voir des expos, ou simplement de me balader. Je n’aime pas être seul. Quand j’étais enfant, dans ma famille, on parlait beaucoup. Je suis assez fier des relations que nous avons nouées. Ces rapports, c’est ce que privilégiaient mes parents. Et aujourd’hui, plutôt que de perdre mon temps devant la télé, je préfère le passer avec les autres. »

(Propos recueillis par Anne Laure Gannac, Danièle Luc et Laurence Ravier)

Sondage

Qui regarde la télévision à la maison ?
Les chiffres révélés par la dernière enquête Médiamat/Médiamétrie (1) sont formels : les plus jeunes passent moins de temps devant la télé que leurs aînés. Les 4-10 ans la regardent en moyenne deux heures et huit minutes par jour ; les 11-14 ans, deux heures et vingt-trois minutes ; les 15 ans et plus, trois heures et vingt minutes, soit près d’une demi-heure de plus qu’il y a dix ans.
D’après cette même enquête, les différences par sexe sont très peu marquées entre 4 et 14 ans : deux heures et seize minutes en moyenne pour les garçons, contre deux heures et dix minutes pour les filles. Mais elles augmentent avec l’âge : sur les huit premiers mois de l’année 2003, les femmes de 15 ans et plus ont regardé la télévision trois heures et trente-sept minutes par jour, contre trois heures et quinze minutes pour les hommes de la même tranche d’âge.

1- Enquête révélée par le Syndicat national de la publicité télévisuelle (SNPTV) et menée auprès du panel Médiamat/Médiamétrie entre juillet et août 2003.

« La télévision vole l’enfance de la nouvelle génération »

Il y a neuf ans, en Suède, des enfants de 5 ans tuaient un camarade du même âge. Ils avaient reproduit ce qu’ils avaient vu la veille à la télévision. C’est à la suite de cet événement que Janine Busson, institutrice et mère de trois enfants, a décidé de créer l’association Enfance en danger – non aux violences à la télé (1). Après avoir permis la mise en place d’une signalétique à l’écran et le renforcement des pouvoirs de sanction du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), elle continue de lutter pour faire prendre conscience aux parents, mais aussi aux politiques et aux médias, des effets néfastes de la télévision sur les enfants.

Psychologies : A supprimer ou à restreindre l’accès des jeunes à la télévision, ne risque-t-on pas de les écarter d’une culture prépondérante dans leur génération ?
Janine Busson : Il est en effet très "tendance" de parler télé et de se montrer au courant de tout ce qu’elle diffuse. Même les magazines les plus sérieux semblent incapables d’échapper à ce courant. Mais cela ne doit pas nous faire perdre notre indépendance de jugement. Il est temps de ne plus se comporter en mouton. La télévision offre des modèles. En les suivant, nos enfants finissent par tous se ressembler ! Or, la richesse d’un individu, c’est d’oser ne pas être comme tout le monde.

Quelle alternative proposez-vous à la télévision ?
Depuis quatre ans, l’association a repris une initiative canadienne intitulée "la semaine sans TV". Pendant huit jours au mois de mai, nous incitons les familles à débrancher leur téléviseur, et proposons différentes activités culturelles de "remplacement", en collaboration avec les centres socioculturels (2). Cela permet de prendre du recul par rapport à la télévision, de faire une bonne évaluation de sa dépendance au petit écran et, surtout, de découvrir que l’on peut s’en passer, au bénéfice d’activités plus enrichissantes.


1

- BP 74, 62930 Wimereux. Internet : www.cs-i.com/pediatrie/GPublic/NONALATV.htm
2- Pour plus d’informations, consultez le site : www.cscwimereux.org

http://www.psychologies.com - Anne-Laure Gannac - 2008
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:56

L'école Saint-Martin, dans le quartier des Sablons, lance un sacré défi. Dix jours sans télé, ordinateurou console de jeux. En classe bien sûr, mais surtout à la maison !

« Ça va être chaud ! » Cri du coeur d'un papa, hier après-midi, après l'exposé de Jérôme Gaillard. Le jeune directeur de l'école Saint-Martin avait convié les parents, après la classe, pour leur exposer le « Défi 10 jours sans écran » que les 165 élèves vont se lancer. L'idée est simple : du 25 mai au 3 juin, plus de télévision, plus d'ordinateur, plus de jeux sur console ou sur portable... À l'école bien sûr, mais aussi à la maison, mercredis et week-end compris !

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Halte à la dépendance

Jusqu'ici, seule une poignée d'écoles alsaciennes a relevé le défi, en 2008. Comme Jérôme Gaillard, elles se sont inspirées d'Edupax, une association québécoise qui organise ces journées sans écran depuis 6 ans afin de réduire la consommation de télé et de vidéo. « J'en ai parlé à l'équipe pédagogique et tout le monde a dit oui. Le but n'est pas de démontrer que la télé est mauvaise, mais de prendre conscience de la dépendance qui peut s'installer. Et de redécouvrir des choses que l'on peut faire à la place de rester derrière un écran. »

Face à la quarantaine de parents présents, Jérôme Gaillard déroule des arguments choc. Comme cette étude américaine qui montre qu'entre 1981 et 1997, le temps moyen passé à vraiment converser entre parents et enfants est tombé de 1 h 12 à 34 minutes par semaine. Ou cette autre qui montre que limiter la consommation d'écran des enfants entraîne une baisse des violences verbales et physiques, ainsi que l'obésité.

À l'école Saint-Martin, 80 % des enfants regardent la télé le matin, avant d'aller en classe. « Nous, on a essayé d'arrêter, raconte un autre papa. On a tenu trois jours, et puis... » Comme les enfants, les parents sont conscients de l'intérêt du défi tout en doutant de leur capacité à tenir le choc. Jérôme Gaillard rassure : « Au départ, vos enfants n'étaient pas très partants. Mais, quand on leur a expliqué toutes les activités qu'on pourrait mettre en place au lieu de regarder la télé, ils étaient pour à 90 % ! »

Avant la coupe du monde de foot

Car il ne suffit pas de décréter « 10 jours sans écran » à l'école et à la maison. Encore faut-il proposer aux enfants des activités pour meubler les fins de journée, et surtout les deux mercredis et le week-end du défi. L'école restera donc ouverte, aux élèves et à leur famille. La date du défi n'a d'ailleurs pas été choisie au hasard : aux beaux jours et... avant la coupe du monde de foot !

Jérôme Gaillard a multiplié les courriers aux associations du quartier et lance un appel (1) à tous ceux susceptibles d'aider l'école à mettre sur pied des activités. Une soirée « jeux de société » est déjà dans les tuyaux. Un garçon d'une vingtaine d'années a promis des animations basket. Mais, bien entendu, ce sont d'abord les parents qui sont invités à accompagner leurs enfants. Hier soir, une maman qui travaille chez un pépiniériste, a déjà proposé une animation autour des plantes.

« Et les parents, ils pourront aussi compter leurs points ? », interroge un troisième papa rigolard. Les points ? Chaque élève en marquera un, pour chaque période de la journée (matin, midi, goûter, fin de journée, soirée) où il n'aura pas regardé un écran. Une manière d'évaluer la participation sans exclure ceux qui auront du mal à résister. L'autre jour, un garçon est venu voir Jerôme Gaillard. Inquiet, il voulait s'assurer qu'il marquerait bien un point s'il évitait la télé mais que ses parents la regardaient quand même...

 


Patrick ANGEVIN - Ouest France - 10 février 2010
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